L'Athénée Royal Jules Bara, un patrimoine architectural d'exception
L’Athénée royal Jules Bara de Tournai occupe un ensemble architectural remarquable dont l’histoire remonte au début du XVIIe siècle. Les bâtiments actuels trouvent leur origine dans l’ancien noviciat des Jésuites, organisé autour d’un vaste quadrilatère construit dans la première moitié du XVIIe siècle.
La chapelle, construite entre 1609 et 1612, faisait partie de cet ensemble. De tradition gothique, elle associe la brique, la pierre bleue et la pierre blanche. Une tour carrée, élevée en 1614, complète l’édifice.
Les Jésuites occupent les lieux jusqu’à la suppression de leur ordre en 1773. L’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche fait alors don de l’ancien noviciat au chapitre de la cathédrale de Tournai, qui y installe l’enseignement des humanités. Les bâtiments acquièrent ainsi une vocation scolaire qu’ils conserveront au fil des siècles.
À la fin du XIXe siècle, l’augmentation de la population scolaire nécessite d’importants travaux. L’ensemble est agrandi à partir de 1878 et restauré dans les années qui suivent, lui donnant en grande partie la physionomie que nous lui connaissons aujourd’hui.
Les différentes époques traversées par l’établissement restent visibles dans son architecture. La façade de l’aile sud-est, en pierre appareillée, est notamment percée d’un portail aux motifs Louis XVI.
Côté cour d’honneur se déploie l’un des éléments les plus remarquables de l’ancien noviciat : une galerie du XVIIe siècle composée de treize arcades de style Renaissance, en pierre moulurée, reposant sur des colonnes toscanes, parfois jumelées.
Deux cartouches gravés témoignent également de l’évolution des lieux : le premier rappelle la construction d’origine au XVIIe siècle ; le second, daté de 1881, garde la mémoire de la restauration qui suivit l’agrandissement entrepris en 1878.
Située à droite de la cour d’honneur, la chapelle se compose d’une nef unique terminée par un chevet à cinq pans. Deux chapelles voûtées d’ogives simulent un transept. Sa façade présente notamment un portail Renaissance.
Classée comme monument en 1936, elle a été restaurée au milieu des années 80. Elle est maintenant utilisée comme salle de classe ou transformée en un espace accueillant des expositions, des concerts et des conférences.
La protection patrimoniale s’étend également à d’autres parties de l’ancien ensemble. Les façades, charpentes et toitures des bâtiments anciens ainsi que la galerie à arcades ont fait l’objet d’un classement comme monument en 1984.
Ces deux classements témoignent de la valeur d’un ensemble architectural dans lequel plus de quatre siècles d’histoire restent aujourd’hui lisibles.
Sources 🏛️
- Service public de Wallonie – Territoire, Chapelle de l’Athénée Royal, bien classé, référence 57081-CLT-0010-01. Consulter la fiche officielle
- Service public de Wallonie – Territoire, fiche du bien classé, référence 57081-CLT-0257-01, concernant les bâtiments anciens et la galerie à arcades de l’Athénée. Consulter la fiche officielle
- Institut du Patrimoine wallon, « Athénée royal de Tournai », Connaître la Wallonie. Consulter la notice
- Institut du Patrimoine wallon, « Chapelle de l’Athénée royal de Tournai », Connaître la Wallonie. Consulter la notice
- Journées du Patrimoine en Wallonie, 18es Journées du Patrimoine en Wallonie – Patrimoine & Citoyenneté, 9 et 10 septembre 2006, notice « Athénée Jules Bara », Tournai, p. 46.
7800 AR Bara