Jules BARA

1835-1900

BIOGRAPHIE

Jules Bara est né à Tournai, le 23 août 1835, dans une famille bourgeoise de fortune modeste. Il effectue ses études secondaires à l'Athénée royal de Tournai, athénée qui porte son nom depuis septembre 1979. C'est à l'Université libre de Bruxelles qu'il est reçu docteur en sciences politiques avec distinction, à la première session de 1857, et docteur en droit avec la plus grande distinction à la seconde session de la même année. En 1859, il obtient le titre de docteur agrégé après avoir défendu une thèse sur « Les rapports de l' État et des religions du point de vue constitutionnel » .  

Jules Bara mène une carrière politique au sein du parti libéral. Il est candidat aux élections législatives de 1862. À vingt-sept ans, il est élu député et le restera jusqu'en 1894 puis deviendra sénateur. Il fut deux fois ministre de la Justice (de 1865 à 1870 et de 1878 à 1884).

Il est connu pour avoir demandé la séparation de l'Église et de l'État. L'école était, dans ce combat, un des enjeux majeurs. Avec les libéraux doctrinaires, Jules Bara défend l'école laïque. De plus, il veut assurer aux non-croyants une sépulture digne et cherche à réduire la position matérielle de l'Église. Enfin, il défend l' idée que la Constitution prévoit un régime de séparation absolue, à deux exceptions près : « l'antériorité du mariage civil sur la cérémonie religieuse , article 14, et la rémunération du Clergé , article 117 » .  

Lors de son deuxième mandat comme ministre de la Justice, Jules Bara s'occupe de la réforme scolaire. Adversaire depuis longtemps de la loi de 1842, il soutient les efforts de Frère-Orban et Pierre Van Humbeeck, lequel dépose la loi du 10 juillet 1879 sur l'enseignement primaire. La « loi Van  Humbeeck» , étendue à l' enseignement moyen en 1881, a pour but de laïciser l' enseignement .  

Jules Bara dépose aussi le projet de loi sur les enquêtes parlementaires qui permet la proposition d'enquête scolaire de 1880.

Il décède le 26 juin 1900 d'une congestion cérébrale.

Une œuvre monumentale du sculpteur Guillaume Charlier et de l'architecte Victor Horta a été érigée à Tournai en son honneur en 1903 et un buste à son effigie a été placé au Palais de justice de Bruxelles.

L'Athénée de Tournai porte son nom. Il identifie aussi sur un boulevard à Tournai, une rue à Anderlecht, une autre à Jumet et une place à Saint-Gilles.


BIBLIOGRAPHIE


1. Ressources en ligne (Web)

Action politique et question scolaire

Présente l'école comme « un des enjeux majeurs » des combats de Bara et affirme qu'« avec ses amis, les libéraux doctrinaires, Jules BARA défendit l'école laïque ».

Évoque également son parcours d'élève à l'Athénée de Tournai, sa fonction de professeur à l'ULB et l'origine du nom de l'établissement (décision du ministre de l'Éducation en 1980).

Ouvrage contemporain où la question scolaire est récurrente (chapitre « Bara », pp. 115-143) : enseignement public et initiative privée dans la Constitution, lois scolaires de 1842 et 1850, révision de la loi d'instruction primaire sous Frère-Orban, programme catholique en matière d'enseignement dénoncé par Bara lors du congrès de Malines (1864).

Reprend le contenu de Wilmotte et mentionne spécifiquement le rapport parlementaire de Bara sur la loi des bourses d'études, qui argumentait pour « la légitimité et la nécessité de l'instruction publique » et pour l'administration laïque des bourses.


Doctrine et parcours étudiant

  • Miroir, A. (1975). Jules Bara, novateur. Essai sur la conception des rapports entre l'Église et l'État dans la doctrine juridique belge (1830-1859). In G. Braive & J. Lory (Dir.), L'Église et l'État à l'époque contemporaine. Mélanges dédiés à la mémoire de Mgr Aloïs Simon (pp. 435-462). Bruxelles: Presses universitaires Saint-Louis. Consulté le 29 août 2026, sur https://books.openedition.org/pusl/10098

Traite principalement de la pensée constitutionnelle Église-État, doctrine qui sous-tend la position de Bara sur l'enseignement laïque. Contient aussi un développement sur l'accès de Bara aux études grâce aux bourses de la Fondation Jacques Despars (athénée royal de Tournai, puis ULB) et sur la gratuité accordée par l'ULB.


Contexte scolaire (source indirecte)

L'enseignement n'y est pas central mais fournit un contexte utile : épisode de la loi scolaire de 1886 (révocation de l'échevin de l'Instruction publique de Namur), défense de « l'école officielle » par Foulon. Source indirecte pour l'environnement scolaire de l'époque de Bara.


Biographies générales


2. Bibliothèque (ouvrages imprimés de référence)

  • Wilmotte, M. (1902). La Belgique morale et politique (1830-1900). Paris: Armand Colin.

Édition originale imprimée ; le chapitre « Bara » (pp. 115-143) développe la question scolaire. Consultable en bibliothèque de recherche ; version en ligne reproduite sur unionisme.be.

  • Braive, G. & Lory, J. (Dir.). (1975). L'Église et l'État à l'époque contemporaine. Mélanges dédiés à la mémoire de Mgr Aloïs Simon. Bruxelles: Presses universitaires Saint-Louis. (Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 3). ISBN 978-2-8028-0003-3.

Volume contenant le chapitre de Miroir « Jules Bara, novateur » (pp. 435-462), qui aborde la doctrine sous-jacente à la question scolaire et le parcours étudiant de Bara.

  • Bara, J. (1859). Essai sur les rapports de l'État et des religions au point de vue constitutionnel. Tournai: R. Ritte.

Thèse d'agrégation de Bara. N'aborde pas l'enseignement directement, mais établit la doctrine de la séparation des Églises et de l'État qui fonde la position de Bara en faveur de l'enseignement laïque. Exemplaires conservés à l'ULB, à la KBR et à la BnF.